Sunday, April 25, 2010

L'Allemagne et la France intransigeantes envers la Grèce


Pour rassurer l'Allemagne, Christine Lagarde affiche sa fermeté envers la Grèce. Dans une interview au Journal du Dimanche , la ministre de l'Économie estime qu'il ne faut pas être "complaisant" avec Athènes même si la France est "solidaire". Il faudra donc surveiller de près le plan d'aide demandé par le gouvernement socialiste, explique la ministre. "On veut stabiliser (la zone euro), mais cela n'empêche pas la fermeté et il faudra être extrêmement attentif aux résultats", détaille-t-elle. Christine Lagarde n'hésite d'ailleurs pas à envisager un défaut de paiement de la Grèce : "Nous ne décaisserons pas l'intégralité des sommes tout de suite. Nous le ferons au fur et à mesure des besoins et, en cas de défaut de paiement, nous mettrons aussitôt le pied sur la pédale de frein." Pour éviter cette hypothèse, la ministre veut contrôler étroitement la politique qui sera menée par Athènes : "Il nous faudra des mécanismes de contrôle pour que l'on soit certain de ne pas tomber dans un puits sans fond", cette mission incombant à la Commission européenne et au Fonds monétaire international (FMI). Christine Lagarde a aussi donné des indications sur le taux auquel la France va prêter 3,9 milliards d'euros à la Grèce, soit 5 %. "Ce taux est flanqué sur l'Euribor (un des deux taux en vigueur sur le marché monétaire de la zone euro", auquel la France a rajouté une marge de sécurité de 3 %. Si une partie des sommes prêtées n'était pas remboursée intégralement, on rajouterait encore 1 % et un complément de 0,5 %, prévoit-elle. L'aide française ne coûtera donc rien au contribuable si la Grèce rembourse les 3,9 milliards prêtés par Paris puisque les intérêts gagnés s'élèveront à 150 millions d'euros, alors que la France a emprunté les 3,9 milliards d'euros à 1,5 % sur 3 ans hors assurance, selon les chiffres de Christine Lagarde. Berlin n'est "pas prête à faire un chèque en blanc" (ministre des Affaires étrangères allemand) Ce haussement de ton a l'avantage de rassurer l'Allemagne. La Chancelière Angela Merkel doit en effet affronter des élections régionales décisives pour la majorité au Bundesrat le 9 mai alors que l'opinion publique allemande est hostile au plan d'aide. Les ministres de la coalition conservatrice et libérale au pouvoir ont donc une nouvelle fois haussé le ton à l'égard de la Grèce. Berlin n'est "pas prête à faire un chèque en blanc", a affirmé dimanche soir le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle, à la télévision publique allemande. La réponse de l'Union européenne (UE) et de l'Allemagne à la Grèce pour sa demande de prêt d'urgence "pourra être positive ou négative", avait martelé un peu plus tôt le ministre allemand des Finances, au journal dominical Bild am Sonntag. "Le fait que ni l'UE ni le gouvernement (allemand) n'aient pris une décision pour l'instant signifie qu'elle pourra être positive ou négative", a déclaré Wolfgang Schäuble. Cette décision "dépend seulement de savoir si la Grèce poursuivra dans les prochaines années la stricte politique de rigueur qu'elle a adoptée à présent", a souligné le ministre. "C'est une condition indispensable et absolue au feu vert de l'UE et de l'Allemagne pour des aides à la Grèce. Car nous pouvons alors partir du principe que le pays remboursera les crédits." "Nous avons besoin de temps pour examiner la demande" de la Grèce, ajoute le ministre, qui précise que "le gouvernement (allemand) ne prendra une décision qu'après l'approbation du Conseil de l'UE", alors que le FMI et la Grèce son décidés à aller vite. Consciente que le temps presse, l'Allemagne a toutefois précisé prendre d'ores et déjà ses dispositions. Wolfgang Schäuble a "convoqué demain (lundi) matin les représentants des groupes parlementaires" à ce sujet pour leur demander de déclencher "une procédure législative accélérée".

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